Les thématiques de la météorologie et du climat sont souvent amalgamées et alimentent les débats sur les enjeux climatiques. Il est essentiel de ne plus commettre cette confusion : tandis que la première se consacre à élaborer des anticipations de la météo à échelle réduite, la seconde se penche sur l’analyse des variations de températures terrestres à travers de nombreuses décennies.Les débats autour du changement climatique continuent de prendre de l’ampleur en France, comme l’indique une enquête de Ipsos réalisée en décembre 2022. Le pourcentage de climato-sceptiques atteint désormais 37 %, en hausse de 8 points en une année. Ce qui est mis en doute, ce n’est pas tant l’existence du changement climatique, mais plutôt le rôle des actions humaines dans l’augmentation des températures.Un des arguments souvent avancés par les climato-sceptiques, pris en exemple par Donald Trump : “Pourquoi fait-il 12 degrés en mai, où est donc le réchauffement climatique ?”. Figure emblématique de la négation du changement climatique, l’ex-président américain déclarait sur Twitter en 2017 : “Dans l’Est, cela pourrait être la veille du Nouvel An la plus froide jamais enregistrée. Peut-être qu’on pourrait utiliser un peu de ce bon vieux réchauffement climatique […]”. Cela témoigne d’une confusion persistante entre météo et climat.

Une distinction principalement basée sur le temps et la géographie

La météo et le climat sont deux domaines scientifiques distincts, mais souvent confondus. La météorologie se concentre sur l’état de l’atmosphère à un moment et un lieu précis pour faire des prévisions à court terme, généralement pour une semaine. Elle se base sur les phénomènes qui affectent la partie basse de l’atmosphère et donne des prévisions sur les précipitations, les températures à court terme, la pression atmosphérique, le vent.À l’opposé, la climatologie utilise des statistiques pour étudier les variables atmosphériques sur de longues périodes. Le climat représente donc une évolution des événements météorologiques sur de grandes échelles de temps, trente ans par convention. Il indique la température moyenne de la planète, atmosphérique et océanique, par rapport à l’ère industrielle, qui a commencé en 1850. Une évolution d’ailleurs inquiétante puisqu’on envisage déjà un futur à +4 degrés.Il faut donc comprendre qu’une hausse de 5 degrés à un niveau local n’a pas les mêmes conséquences qu’une hausse de 5 degrés à un niveau global. La dernière fois que des températures inférieures de 5 degrés à celles d’aujourd’hui ont été enregistrées, c’était à l’ère glaciaire, il y a 20 000 ans, comme le mentionne le livre “Tout comprendre sur le climat” du média Bon Pote.

L’activité humaine en tant que facteur clé du climat

Pour réfuter ceux qui doutent de l’impact des activités humaines sur le climat et qui croient que celui-ci n’est modifié que par des phénomènes naturels : si seuls ces facteurs influençaient le climat, la température moyenne sur terre n’aurait jamais dépassé les +0,5 degrés, selon les rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). D’après le Giec, les gaz à effet de serre font évoluer le climat de +1,5 degrés.Le cinquième rapport des scientifiques de 2013 le souligne : “On détecte l’influence des activités humaines dans le réchauffement climatique de l’océan et de l’atmosphère, dans les changements du cycle global de l’eau, dans le recul des neiges et des glaces, dans l’élévation du niveau moyen mondial des mers et dans la modification de certains extrêmes climatiques.” Et il ajoute : “Il est extrêmement probable que plus de la moitié de l’augmentation observée de la température moyenne à la surface du globe […] est due à l’augmentation anthropique des concentrations de gaz à effet de serre et à d’autres forçages anthropiques combinés.”

Juin 2023, un mois record

Sur Twitter, le docteur en agroclimatologie, Serge Zaka, débusque les discours climato-sceptiques qui foisonnent sur le réseau social. En tant que vulgarisateur scientifique, il ponctue ses tweets de graphiques montrant une réalité alarmante : en juin 2023, la température moyenne du globe a dépassé les +1,5 degrés et les températures océaniques ont atteint +5 degrés. Les accords de Paris de 2015 sont ainsi largement ignorés. Le courant El Niño, dans le Pacifique et qui a commencé à la mi-mai, a également contribué à la hausse des températures.Si juin a été l’un des mois les plus chauds, juillet semble bien parti pour le rejoindre. La première semaine de juillet 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Le jeudi 6 juillet 2023, une température moyenne mondiale de 17,08 degrés a été constatée.Source : Info Durable