Depuis quelques semaines, plusieurs requins ont été repérés à proximité de zones de baignade sur différentes côtes dans le monde, y compris en France. Les experts estiment que ce phénomène est dû au réchauffement climatique et à l’activité humaine, mais qu’il n’est pas pour autant alarmant.
En effet, il semblerait que nous devrons nous habituer à la présence de requins près des plages, car plusieurs d’entre eux ont été aperçus récemment, provoquant la panique parmi les baigneurs et entraînant quelques attaques, dont une mortelle. Ce qui suscite des interrogations, c’est la proximité de ces requins avec les zones de baignade, où ils ne devraient pas être aussi nombreux. Cette situation pourrait s’expliquer en partie par le réchauffement climatique et la surpêche.
Par exemple, un requin a été repéré samedi dernier à 50 mètres de la côte, sur une plage du Barcarès (Pyrénées-Orientales), entraînant l’évacuation des lieux. En juin, une attaque mortelle de requin a été signalée en Égypte, tandis qu’un requin bleu a été vu à Alicante (Espagne) et qu’un autre squale a semé la panique sur une plage de Floride début juillet. La présence de ces quatre requins sur nos côtes en l’espace de deux mois interroge les chercheurs.
Les courants marins perturbés
La première explication pourrait être le réchauffement climatique. En effet, bien qu’il soit encore difficile de prédire comment les courants vont évoluer avec le réchauffement climatique et comment les espèces vont se déplacer, il est possible que des requins plus tropicaux arrivent jusqu’à nos côtes, comme c’est déjà le cas pour certains poissons.
« En général, le réchauffement de l’eau n’est pas bon pour les requins car l’oxygénation de l’eau va diminuer », ce qui peut être grave pour eux, explique Éric Clua, vétérinaire et directeur de recherches au CRIOBE (centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement), pour Le Parisien. « Cela peut influencer l’habitat du requin, mais c’est un aspect secondaire ».
De plus, nous sommes actuellement en période de reproduction et les femelles se déplacent davantage vers le littoral, où l’eau est plus chaude. Le réchauffement climatique favorise donc la prolifération de nombreuses proies près des côtes, et s’il y a davantage de poissons, il y a davantage de requins.
Patrick Masanet, le directeur scientifique d’Oniria, l’aquarium de Canet-en-Roussillon, interrogé sur France Bleu, déclare que l’animal observé samedi est probablement un requin bleu, que l’on « voit souvent près des plages en France ou en Espagne et souvent au mois de juillet », en partie parce que « beaucoup de petits poissons comme des sardines ou des maquereaux se rapprochent des côtes durant l’été. Or, ce sont justement les proies que le requin bleu recherche », estime-t-il, confirmant cette hypothèse.
La surpêche attire les requins près des côtes
Outre les modifications de l’habitat des requins et de leurs migrations pour se nourrir liées au réchauffement climatique, l’activité humaine pourrait également jouer un rôle dans la prolifération de squales près de nos plages. En effet, un requin qui s’approche trop près des côtes risque de s’échouer. Il le fait donc lorsqu’il est malade, blessé ou désorienté. Si ce n’est pas le cas, c’est l’activité humaine qui peut avoir un impact sur ses déplacements, comme la surpêche. Plusieurs chercheurs ont ainsi remarqué que la construction de grands ports commerciaux peut parfois attirer les requins et provoquer, de fait, plus d’attaques.
Enfin, la surpopulation des zones côtières et l’expansion du tourisme sur l’eau pourraient également expliquer pourquoi il est possible de voir davantage de requins qu’auparavant. « Le requin n’a pas changé d’attitude. Ce qui a changé en revanche, ce sont les hommes qui vont de plus en plus vers lui », selon Éric Clua. Toutefois, cette prolifération ne conduit pas nécessairement à une multiplication des attaques, et ces attaques, lorsqu’elles se produisent, ne sont pas toujours mortelles, sauf dans quelques cas exceptionnels.
Très peu d’attaques mortelles
Au début du mois de juin, un Russe de 23 ans est décédé à Hurghada, en Égypte, dévoré par un requin alors qu’il se baignait à quelques mètres du rivage. Une scène qui a beaucoup choqué les touristes présents sur la plage. Si la présence de requins n’a rien de surprenant dans les eaux de la mer Rouge, l’issue fatale et la violence de cette attaque sont exceptionnelles.
Depuis 2013, on dénombre en moyenne dans le monde 74 accidents par an impliquant des morsures de requin dites « non provoquées », selon les données du registre international tenu par des chercheurs de l’Université de Floride (États-Unis). Et seulement quelques-unes de ces attaques sont mortelles, environ 5 à 8.
En France, nous ne sommes pas dans la même situation que la mer Rouge, car nous n’avons pas de requins-tigres sur nos côtes. Il y a trois requins très dangereux pour l’homme : le grand requin blanc, le requin-tigre et le requin-bouledogue. Dans l’Hexagone, seul le premier est observé. Mais ces observations sont extrêmement rares sur nos côtes. La dernière qui a été validée date de septembre 2022.
Enfin, malgré des mesures d’interdiction de pêche visant à protéger les différentes espèces, les requins restent des animaux menacés d’extinction, dont les populations sont en déclin, notamment à cause de la surpêche. Si les requins revenaient davantage sur nos côtes, ce serait donc une bonne nouvelle pour l’écosystème et cela ne signifie pas qu’il y aura davantage de morsures. Pour rappel, la population de requins a chuté de plus de 71% dans le monde en moins de cinquante ans.
Source : CNEWS

Je suis Hugo, un passionné de l’environnement âgé de 33 ans. J’ai créé ce blog pour partager mon amour de la nature et sensibiliser les gens aux enjeux environnementaux. Je crois fermement que nous pouvons tous faire notre part pour aider à protéger notre planète.
