Le groupe de travail sur le financement de la transition écologique (GFTE), qui s’est réuni pour la première fois mercredi sous la direction de Bruno Le Maire, a proposé des solutions pour accélérer la transition vers l’écologie en utilisant les économies des citoyens français.

Une réunion entre ministres et experts pour la transition écologique

Un comité, incluant trois ministres – le ministre de l’Économie, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher et le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu – a été formé. Des spécialistes climatiques comme Jean-Marc Jancovici, des économistes, des responsables de sociétés et les dirigeants des plus importantes banques françaises ont également participé à cette réunion.Comme l’a indiqué Bruno Le Maire aux journalistes après la réunion, l’objectif est de réunir chaque année entre 60 et 70 milliards d’euros pour financer la transition écologique. Cette estimation, avancée au printemps par le rapport de l’économiste Jean-Pisani Ferry et de l’inspectrice générale des finances Selma Mahfouz, a été validée par les services du Trésor à Bercy.Le ministre a expliqué que la collecte de ces fonds est rendue difficile par la hausse des taux d’intérêt et par le fait que de nombreux fonds, notamment américains, jugent que les investissements verts ne sont pas assez rentables.

Des moyens insuffisants pour la décarbonation de l’économie

Les ressources actuellement mobilisées, à travers le projet de loi sur l’industrie verte et les 7 milliards d’euros supplémentaires qui seront alloués en 2024 pour accélérer la réduction des gaz à effet de serre, ne seront pas suffisantes pour mettre en place les infrastructures nécessaires à la décarbonation de l’économie et à une consommation d’énergie plus sobre.C’est pourquoi le gouvernement envisage de faire appel à l’épargne des Français, qui s’élève à 5.800 milliards d’euros au total, dont 3.200 milliards sont placés sur des produits de long terme. Bruno Le Maire a précisé que l’objectif est de mobiliser 5% de ces 3.000 milliards d’euros, ce qui correspond à 150 milliards d’euros par an.

Le PEL comme outil de financement

L’une des mesures concrètes envisagées serait de permettre le déblocage anticipé d’un Plan épargne logement (PEL) pour financer des projets de rénovation thermique, alors que l’isolation des bâtiments progresse trop lentement.Bruno Le Maire a annoncé que le gouvernement envisage de permettre le déblocage anticipé de tous les PEL dès lors qu’ils servent à financer des investissements en rénovation thermique. Cette mesure permettrait de libérer des sommes importantes sans avoir à faire appel à l’argent public.Un conseiller ministériel a précisé que les particuliers pourraient retirer l’argent nécessaire à leurs projets de rénovation thermique sans avoir à fermer leur PEL. Le PEL, qui permet d’emprunter à un taux d’intérêt réduit s’il est clôturé pour acheter un logement, représente environ 300 milliards d’euros.

Orientation de l’épargne vers la transition écologique

Le gouvernement souhaite également diriger davantage les 130 milliards d’euros épargnés sur les livrets de développement durable et solidaires (LDDS) vers l’objectif de ces produits. Actuellement, seuls 10% des dépôts du LDDS doivent être dirigés vers le développement durable, une notion plus large que celle de transition écologique selon un ministère.En ce qui concerne le LDDS, Bruno Le Maire a déclaré que le gouvernement souhaite que les fonds soient davantage dirigés vers la transition climatique, avec une plus grande transparence. D’autres pistes étudiées par le CFTE incluent les modalités de prolongation de l’éco-prêt à taux zéro (PTZ) pour soutenir la rénovation énergétique. Il s’agit d’un prêt sans intérêts plafonné à 50.000 euros.La prolongation de ce dispositif, l’utilisation flexible du PEL et la mise en place d’obligations vertes garanties à 70% par l’État pour financer des investissements importants dans la décarbonation des PME et des ETI industrielles pourraient être intégrées dans le projet de budget 2024 qui sera présenté à l’automne, selon un conseiller ministériel.

Un nouvel indicateur pour les entreprises

Enfin, la Banque de France va mettre à la disposition des entreprises un indicateur climat qui mesure leur exposition aux risques climatiques. Cet indicateur, actuellement en phase de test sur plus de 500 entreprises, sera progressivement étendu à toutes les grandes entreprises et ETI, puis aux PME.Source : Info Durable