Lors de leurs déplacements estivaux, les Français doivent faire face à une augmentation de leurs dépenses énergétiques : suite à une période de calme au printemps, les tarifs du carburant en station-service augmentent de nouveau, en raison des pressions exercées sur le marché mondial du pétrole.

Depuis le 1er août, les Français sont confrontés à une hausse de 10 % du tarif réglementé de l’ électricité ainsi qu’à des prix à la pompe qui n’avaient plus été observés depuis avril.

En comparaison avec le début du mois de juillet, le gazole et l’essence sans plomb SP95-E10 ont augmenté en moyenne de 14 et 11 centimes, d’après les données du ministère de la Transition énergétique arrêtées vendredi et publiées lundi.

La semaine dernière, dans les stations-service, les automobilistes devaient payer en moyenne 1,8064 euro pour un litre de gazole, soit 6,7 centimes de plus que la semaine précédente.

Le sans-plomb 95-E10 était vendu à 1,8953 euro (+2,8 centimes) le litre et le sans-plomb 95 à 1,9103 euro (+1,73 centime).

Il est parfois nécessaire de payer beaucoup plus, en particulier dans les stations d’autoroutes très fréquentées lors des départs et retours de vacances, où les prix peuvent dépasser le seuil psychologique des 2 euros, selon le comparateur du site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr.

Seules les stations TotalEnergies ne sont pas concernées, car leurs prix sont plafonnés à 1,99 euros jusqu’à la fin de l’année, une promesse faite par le groupe pétrolier en février. Les Français ne peuvent plus compter sur l’indemnité carburant, qui a pris fin en mars, ni sur la réduction de l’État, arrêtée en décembre.

Augmentation “technique”

Le syndicat de la profession nie profiter de la forte demande estivale pour augmenter les prix. “Les départs en vacances n’ont que peu d’influence sur le prix du carburant“, a déclaré René Jean Souquet-Grumey, vice-président de la branche stations-service et énergies nouvelles au syndicat Mobilians, interrogé mardi sur Europe 1.

“Dans les petites stations de campagne ou les petites stations de ville indépendantes, les marges nettes sont actuellement de l’ordre de 1 ou 2 centimes par litre”, a-t-il ajouté.

Selon l’organisation patronale, il s’agit d’une “hausse purement technique”, due à des causes “multifactorielles”, entre un “produit brut plus cher”, un euro “plus faible par rapport au dollar” – la monnaie d’échange du pétrole – et une demande mondiale “assez soutenue”.

Hausse des prix du brut

Sur les marchés, les cours du pétrole sont proches des niveaux les plus élevés atteints depuis trois mois.

Alors qu’à la fin du mois de juin, le baril de Brent de la mer du Nord se négociait autour de 75 dollars en moyenne, il dépasse désormais les 85 dollars.

Entre début juillet et début août, les prix du brut ont augmenté de manière quasi continue, le Brent prenant environ 12 % et le baril de West Texas Intermediate (WTI) près de 15 % sur un marché de plus en plus tendu.

Neuf pays de l’Opep (organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, ndlr), dont Ryad et Moscou, les deux poids lourds du groupe, ont mis en place depuis mai des baisses volontaires de production pour un total de 1,6 million de barils quotidiens jusqu’à 2024 afin de soutenir les cours.

En juin, l’Arabie saoudite a annoncé une réduction volontaire supplémentaire de production d’un million de barils par jour pour juillet, qu’elle a prolongée deux fois, pour août et désormais aussi pour septembre. Dans son sillage, la Russie a elle aussi déclaré réduire ses exportations de brut de 500 000 barils par jour en août, et de 300 000 en septembre.

Les cours du pétrole restent toutefois encore loin de leur niveau moyen de 2022 quand ils avaient franchi la barre symbolique des 100 dollars, après le début de la guerre en Ukraine. Entre mi-juin et début juillet 2022, les prix du diesel ainsi que ceux du SP-95 et SP95-E10 avaient alors dépassé les 2 euros le litre en France.

Source : Info Durable