Au cours des dernières années, nous avons pris l’habitude de constater que le “Jour du dépassement” progresse dans le calendrier. Cependant, en 2023, pour la première fois depuis des dizaines d’années (en dehors des périodes de COVID), il y a une régression. À compter du 2 août, l’espèce humaine “vivre à crédit”, soit cinq jours de plus par rapport à 2022.

Le 2 août 2023 représente le Jour du dépassement de la Terre pour cette année. Cette date symbolique n’avait pas reculé depuis longtemps, à l’exception de l’année 2020 où les mesures restrictives liées à la crise sanitaire avaient paralysé les économies et sociétés mondiales. L’année précédente, le Jour du dépassement avait eu lieu le 28 juillet. En 2023, l’humanité vit “à crédit” cinq jours plus tard.

Le syndrome de la surconsommation

Le Jour du dépassement est un indicateur de la surconsommation humaine. Il marque la date à laquelle le monde a, en théorie, épuisé l’ensemble des ressources que la Terre peut produire en une année. Pour déterminer cet indice, l’ONG Global Footprint Network croise les données liées à l’empreinte des activités humaines avec la “biocapacité” de la planète. Jusqu’à cette année, cet indice ne cessait de se dégrader : en 1971, le Jour du dépassement était estimé au 29 décembre.

Quelles sont les raisons de ce recul en 2023 ? “Il est difficile de discerner dans quelle mesure cela est dû au ralentissement économique ou aux efforts délibérés de décarbonation”, déclare l’organisme de calcul. Ce dernier ne considère pas nécessairement cet événement comme une “bonne nouvelle”, car les mesures prises pour améliorer les trajectoires restent “trop lentes”. De plus, les véritables progrès réalisés cette année représentent “moins d’un jour”. “Les quatre jours restants sont dus à l’intégration de données améliorées” dans la méthode de calcul, ajoute l’ONG.

Pour respecter la feuille de route climatique recommandée par les experts du Giec – à savoir une réduction de 43 % des émissions mondiales d’ici 2030 -, il faudrait gagner au moins 19 jours par an sur les sept prochaines années. Steven Tebbe, directeur du Global Footprint Network, souligne que cet indice, bien que symbolique, alerte sur les conséquences de la surconsommation des ressources par les êtres humains. “Un dépassement persistant entraîne des symptômes de plus en plus importants, tels que des vagues de chaleur inhabituelles, des incendies de forêt, des sécheresses et des inondations, avec le risque de compromettre la production alimentaire.”

La situation en France

Si les ressources mondiales sont consommées intégralement en 8 mois, la France fait encore pire. Avec un Jour du dépassement national le 5 mai 2023, il faudrait l’équivalent de 2,9 planètes Terre si le monde vivait au même rythme que la France. “Même si la France fait des efforts, notamment en matière de décarbonation, de réduction des déchets alimentaires et d’élimination des voyages aériens nationaux, le pays est encore loin d’être apte à fonctionner dans un monde confronté à un dépassement persistant. Le fossé reste immense”, conclut Steven Tebbe.

Avec l’ADEME.

Source : Info Durable