Actuellement, il est possible d’observer un engouement grandissant pour le développement de l’intelligence artificielle et des robots, qui sont de plus en plus présents dans notre quotidien. Ces technologies ont pour objectif de faciliter notre vie de tous les jours, en nous aidant dans les tâches ménagères, en nous proposant des solutions de transport optimisées, ou encore en nous accompagnant dans notre vie professionnelle. Cependant, cette montée en puissance des technologies de l’information et de la communication soulève également de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne la protection de la vie privée et la sécurité des données. Face à ces enjeux, certains experts estiment que nous devons réfléchir dès maintenant à la manière dont nous souhaitons réguler et encadrer ces innovations, afin de garantir un futur serein pour l’humanité.

Est-ce une approche novatrice ou une contrainte supplémentaire ? La Banque de France, déjà responsable de la notation financière des entreprises, peaufine son “indicateur climat“, une évaluation de leurs efforts en matière de transition écologique qui est accueillie avec prudence par les chefs d’entreprise.

Ce nouveau système de notation des entreprises, basé sur trois critères, est encore loin de conditionner l’accès au crédit des entreprises. Cependant, si l’expérimentation en cours se transforme en cotation climatique pérenne, “ce sera un dispositif extrêmement innovant en Europe. Il n’y a pas d’équivalent aujourd’hui”, a récemment affirmé le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Expérimenté auprès de “quelques dizaines” d’entreprises en 2022, “on souhaite pouvoir le tester sur environ 500 entreprises cette année”, explique à l’AFP Hervé Gonsard, directeur général des services à l’économie et du réseau. Cependant, il faut veiller à ne pas “verdir plus que de raison”, en imposant aux entreprises françaises des obligations dont leurs concurrentes européennes seraient exemptées, prévient Alexandre Montay, délégué général du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti).

Pour l’instant, participent à l’expérimentation de “très grosses” entreprises du CAC 40 et certaines sociétés très polluantes, précise Hervé Gonsard sans révéler de noms. D’ici 2030, la Banque de France espère généraliser son indicateur climat aux 300 000 entreprises françaises réalisant plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires, soit celles auxquelles elle attribue déjà une notation (note) financière.

Alors que la notation financière évalue la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements financiers à court terme, l’indicateur climat mesure d’abord la position de l’entreprise par rapport à la “trajectoire idéale” de décarbonation de son secteur d’activité, une courbe de référence établie par l’agence française de la transition écologique (Ademe).

La Banque de France évalue également l’exposition de l’entreprise aux risques physiques (inondations, incendies, etc.) et son niveau de maturité dans la gestion de sa transition climatique et énergétique. Guillaume de Bodard, directeur du cabinet Calix Conseil, estime que “la cause est juste”, mais met en garde contre la “complexité” potentielle de l’indicateur climat.

Cohérence

“Peu d’entreprises sont informées de ce qui va leur arriver”, affirme celui qui préside également la commission Environnement et Développement durable de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). “Les TPE/PME n’ont pas une personne en interne pour gérer cela, leur expert-comptable n’est pas immédiatement compétent en matière extrafinancière et environnementale“. Guillaume de Bodard demande donc aux autorités de fournir des “outils de calcul rapides” pour les données climatiques.

Entre la directive européenne CSRD, le futur standard français d’excellence environnementale “triple E” et l’indicateur climat, Alexandre Montay s’inquiète également de la “multiplicité d’indicateurs liés à la transformation environnementale”. “Il y a un véritable enjeu de cohérence” entre ces indicateurs “afin de ne pas pousser les entreprises à ne faire que du reporting” (transmission d’informations, NDLR), insiste le représentant du Meti.

Hervé Gonsard tente de rassurer. “Le but n’est pas de rajouter une couche administrative”, assure-t-il. “Jusqu’à présent”, les entreprises devaient répondre à “des questionnaires multiples, comme ceux de la Banque de France, de Bpifrance, de BNP Paribas, de la Société générale… Si l’on unifie le reporting” en centralisant les données climatiques dans une base unique à la Banque de France, comme pour la notation financière, “on simplifie la vie des entreprises”, martèle-t-il.

Plusieurs banques ont en effet développé leurs propres indicateurs ces dernières années. BNP Paribas a, par exemple, lancé en 2021 un “ESG Assessment” (évaluation environnementale, sociale et de la gouvernance) qui mesure notamment la performance ou le risque environnemental des entreprises.

“Un score ‘Climat’, basé sur des chiffres solides communiqués par les entreprises et élaboré par la Banque de France, sera utile pour compléter les analyses menées par les banques elles-mêmes”, estime la Fédération bancaire française (FBF), qui participe à la conception de l’indicateur de la banque centrale.

De là à imaginer que les établissements financiers accordent à l’avenir des crédits en fonction de la notation climatique d’une entreprise, il n’y a qu’un pas. “Demain, il est clair qu’un indicateur climat de bonne qualité sera plutôt de nature à aider au financement des entreprises qui s’engagent dans la transition verte”, anticipe Hervé Gonsard.

Source : Info Durable