La concertation sur la consigne des bouteilles en plastique a repris

Le ministère de la Transition écologique a rouvert le débat sur la possibilité de mettre en place un système de consigne pour les bouteilles en plastique en France. La secrétaire d’État à l’Écologie, Bérangère Couillard, a réuni environ 80 acteurs du secteur, dont des industriels de l’agroalimentaire, des associations d’élus, de consommateurs et des ONG, afin d’étudier les différents scénarios envisageables. Une décision est attendue en juin.

Deux scénarios principaux à l’étude

Acheter une bouteille plus chère et la rapporter au supermarché

Le premier scénario consiste à instaurer un système de consigne où les consommateurs achèteraient leurs bouteilles en plastique légèrement plus chères, puis les rapporteraient vides au supermarché en échange de quelques centimes récupérés grâce à un automate. Ce modèle est déjà en vigueur dans plusieurs pays européens, tels que l’Allemagne, la Suède ou encore la Norvège, et pourrait inciter les consommateurs à être plus responsables en matière de gestion des déchets.

Améliorer le tri des déchets plastique à domicile et dans les espaces publics

Le second scénario envisagé par le gouvernement vise à améliorer le tri des déchets plastique à la source, c’est-à-dire chez les particuliers et dans les espaces publics. Cela impliquerait notamment de faciliter la collecte sélective des bouteilles en plastique et d’augmenter les volumes de recyclage. En France, seulement 59% des bouteilles en plastique sont actuellement recyclées.

La consigne, un sujet brûlant en Europe

La question de la consigne pour les bouteilles en plastique est également débattue dans d’autres pays européens. Par exemple, la Belgique étudie sérieusement la mise en place d’un tel système, avec des avancées notables en Flandre et en Wallonie. Aux Pays-Bas, l’Alliance de la Consigne a réussi à obtenir l’introduction d’une consigne sur les bouteilles en plastique et souhaite soutenir les développements récents dans ce domaine.

Des avantages et des inconvénients à peser

Les bénéfices environnementaux potentiels

Un système de consigne pour les bouteilles en plastique pourrait avoir des effets positifs sur l’environnement, en réduisant notamment la pollution causée par les emballages jetés dans la nature. En encourageant les consommateurs à rapporter leurs bouteilles, cela permettrait de limiter la dispersion des déchets plastique et d’augmenter le taux de recyclage.

Les coûts et les contraintes pour les acteurs concernés

Toutefois, la mise en place d’un système de consigne impliquerait des coûts importants pour les industriels, les distributeurs et les collectivités. Il faudrait notamment investir dans des équipements spécifiques, tels que des automates de récupération des bouteilles, et adapter les infrastructures existantes, comme les centres de tri et les points de collecte. De plus, un tel système pourrait générer des contraintes logistiques et organisationnelles pour les acteurs concernés.

Une décision attendue pour juin 2023

Le gouvernement français doit trancher entre ces deux scénarios principaux d’ici le mois de juin prochain. Les discussions autour de la consigne des bouteilles en plastique se poursuivront donc dans les prochains mois, avec la nécessité de trouver un compromis satisfaisant pour l’ensemble des parties prenantes et permettant de concilier les objectifs environnementaux, économiques et sociaux.