Dans les rayons des librairies, on constate une prolifération de guides de voyage suggérant des parcours en train. Cela reflète une tendance croissante chez les voyageurs qui, souhaitant fuir l’avion ou l’automobile pour leurs congés, sont de plus en plus nombreux.Le train connaît un regain d’intérêt, selon Vincent Barbare, PDG d’Edi8, une filiale d’Editis qui édite les guides Lonely Planet en France. “Dans ma jeunesse, le choix de prendre l’avion ne se posait pas, c’était avant tout une question de budget. Aujourd’hui, je remarque avec la génération de mes enfants que le moyen de transport est un critère déterminant dans le choix de la destination”, dit-il. “Ils veulent voyager sans utiliser l’avion, donc ils optent pour le train, ce qui limite les destinations possibles”.Les guides de tourisme ferroviaire couvrent principalement l’Europe et suggèrent de combiner le voyage en train avec des excursions à vélo ou des randonnées à pied. “C’est plus qu’une tendance, c’est une redécouverte d’un moyen de transport. De plus en plus de personnes sont soucieuses de leur empreinte carbone”, déclare Cécile Pétiau, directrice éditoriale d’Hachette Tourisme.“La pandémie de Covid a changé la donne dans mon métier, avec une véritable expansion à partir de 2021”, raconte-t-elle, annonçant de futurs ouvrages après deux premiers volumes consacrés à l’Italie et à l’Europe du Nord en train.
Des itinéraires plus ou moins réalisables
Michelin envisage également de nouveaux titres après deux publications sur la France et l’Occitanie en TER. “Nous augmentons progressivement la place du train dans les Guides verts”, note Philippe Orain, le directeur des guides de voyage Michelin. La plupart des guides disponibles proposent des itinéraires plus ou moins faisables, accompagnés de conseils plus ou moins utiles.Lonely Planet propose des trajets de Barcelone à Stockholm ou d’Amsterdam à Split. Hachette propose un tour en Ecosse. Michelin suggère un trajet de Limoges à Vierzon. Gallimard fait un choix audacieux en proposant, malgré la guerre en Ukraine, un itinéraire de Kiev à Odessa et Lviv dans un guide à paraître en 2023. Ils suggèrent même un itinéraire de Sofia à Athènes, où le train n’existe plus.De nombreux guides ne semblent pas se préoccuper des horaires ou du manque de consignes dans de nombreuses gares, ce qui peut poser problème pour ceux qui souhaitent faire des escales.La beauté de la lenteur
Les auteurs encouragent à “redécouvrir les plaisirs de la lenteur”, comme le fait le guide Tao. “Le voyage n’est pas seulement la destination, mais également le parcours”, écrit Juliette Labaronne, auteure de “Slow Train”, reprenant une citation de Lao-Tseu. Son livre, paru en 2019 chez Arthaud, a initié cette tendance.Entre guides de voyage et beaux livres, ces ouvrages cherchent leur place, admet Stéphan Szeremeta, directeur éditorial du Petit Futé. “Les guides thématiques sont toujours plus difficiles à vendre car les clients ne savent pas où les trouver chez le libraire”, dit-il. Selon lui, ils sont “plutôt inspirants”, particulièrement utiles pour planifier des itinéraires.Ces guides s’intéressent aussi au patrimoine ferroviaire. Le Petit Futé recommande par exemple de visiter le Musée de l’histoire du train letton, à Riga. Les éditions de La Vie du rail proposent même un guide très complet du tourisme et des loisirs ferroviaires en France.Michelin s’est associé à la SNCF pour ses “Vacances en train”, qui invitent à découvrir la France en TER, avec des témoignages de cheminots. Mais la SNCF n’a rien déboursé pour ces guides. La compagnie ne fait “aucun effort” pour promouvoir les voyages en train, selon un porte-parole. Elle apporte son aide si nécessaire et se réjouit de cet engouement éditorial: “C’est le meilleur indicateur de l’importance croissante du train”.Dans cette pléthore de guides récents, le Routard est notablement absent. “On ne peut pas vraiment faire un guide généraliste sur les trains”, estime son directeur Philippe Gloaguen. “Chaque pays a sa propre politique !”. Mais “nous en parlons systématiquement dans tous nos guides, depuis toujours”, insiste-t-il.Source : Info Durable
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