Les activistes de Greenpeace ont choisi le lundi matin pour déverser près d’une tonne d’algues vertes à l’entrée de la préfecture du Finistère. Leur objectif était de souligner l’implication de l’État dans cette problématique de pollution persistante qui affecte les plages de Bretagne, comme l’a observé un photographe de l’AFP.

Des démonstrations contre les fermes industrielles

“Ni ici, ni ailleurs, nous ne voulons de fermes-usines”, clamait une banderole jaune déployée au-dessus d’un amas d’algues vertes devant les bureaux de la préfecture à Quimper. Une autre banderole portée par des activistes habillés en combinaisons blanches, dont certains portaient des masques à gaz, pointait l’État du doigt pour la pollution en Bretagne.Des images en grand format représentant des élevages industriels, des fosses de stockage de lisier et des plages souillées étaient également affichées sur les grilles de la préfecture, à côté d’un cochon gonflé à taille réelle.Du matin jusqu’en fin de matinée, les activistes ont mené leur action sans aucun incident ni arrestation, selon un journaliste de l’AFP sur place. Les algues vertes, ramassées plus tôt dans la journée, ont été récupérées par les services de nettoyage de la ville.“Notre but était de dénoncer l’État et les préfectures pour leur part de responsabilité dans la multiplication des algues vertes, directement liées à l’expansion des fermes industrielles”, a affirmé Sandy Olivar Calvo, responsable de la campagne Agriculture chez Greenpeace, citée dans un communiqué. “Nous demandons un arrêt de la construction de nouvelles fermes industrielles et un moratoire sur l’agrandissement des fermes existantes.”

Le préfet du Finistère condamne l’action

Le préfet du Finistère, dans un communiqué, a condamné l’action menée et a annoncé le dépôt d’une plainte “pour obtenir réparation des éventuels dommages durables”, tout en admettant que “les dégradations commises par affichage sont restées limitées”.Greenpeace avait notamment affiché, sur une porte de la préfecture, une carte des quelque 3 000 “fermes-usines” en France (sur 145 000 exploitations spécialisées dans l’élevage), principalement de volailles et de porcs.D’après un communiqué de l’association de défense de l’environnement, “près d’une ferme-usine sur deux est située en Bretagne et plus de 25 millions d’animaux peuvent être enfermés dans les 445 fermes-usines que compte le Finistère”.

Le problème des algues vertes

Les algues vertes, présentes naturellement en mer, se multiplient dans les baies bretonnes, où elles sont nourries par des apports de lisier déversé par les agriculteurs dans les champs, et dont les excédents sont transportés par les rivières côtières.Ces algues, sans danger lorsqu’elles sont fraîches, émettent un gaz potentiellement mortel, l’hydrogène sulfuré (H2S), lorsqu’elles se décomposent.Greenpeace a voulu, par cette action à Quimper, dénoncer en particulier la validation controversée de l’extension de la porcherie “Avel Vor”, qui compte 12 000 cochons, à Landunvez (Finistère). Un recours a été déposé pour annuler la régularisation par le préfet en novembre 2022 de cet agrandissement, qui avait été refusé à deux reprises par la justice administrative.Dans son communiqué, le préfet a rappelé que l’arrêté de régularisation du 8 novembre 2022 avait été pris suite aux avis favorables du commissaire-enquêteur et du Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST).La Bretagne se situe à la sixième place en Europe en termes de taille de son cheptel porcin.Source : Info Durable