Les représentants écologistes à l’assemblée ont exigé, mercredi, l’instauration de “vingt mesures cruciales” dès cette saison estivale en réponse à “l’accélération du changement climatique”. Parmi ces demandes, on note la régulation du trafic, la sécurisation des habitats, et le droit de se retirer en situation de canicule intense.La présidente du groupe Cyrielle Chatelain insiste sur le fait que s’adapter au changement climatique n’est plus une option, mais une nécessité. C’est ce qu’elle souligne dans le plan d’urgence qu’elle a partagé avec l’AFP. Les représentants d’EELV prônent tout d’abord l’ajustement des logements avec un vaste projet de rénovation thermique intégrale.En vue de “survivre à l’été”, ils sollicitent immédiatement des “améliorations” en finançant les abris solaires (brise-soleil, volets) et en les rendant obligatoires lors de grands travaux réalisés par les copropriétés. Pour “réfléchir les rayons du soleil”, ils proposent de “peindre en blanc tous les bâtiments publics” et encouragent le secteur privé à faire de même.

La nécessité de s’adapter

Les vingt-trois députés écologistes demandent une adaptation des conditions de travail aux fortes chaleurs en initiant une négociation interprofessionnelle sur le sujet et en introduisant un “droit de retrait à partir de 33 degrés dans le Code du travail”. Caroline Fiat, de La France Insoumise, a également suggéré mardi un droit de retrait en cas de canicules, mettant l’accent sur les professions à risque : BTP, travailleurs agricoles…Pour assurer l’accès à l’eau, les élus EELV proposent “d’interdire l’irrigation des terrains de golf en cas de sécheresse de niveau 2 et 3″. Ils souhaiteraient l’interdiction des “mégabassines”, ces réserves d’eau des agriculteurs contre lesquelles des élus EELV s’étaient opposés à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), lors de la manifestation du 25 mars marquée par de violents affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre.Pour “financer l’adaptation”, ils sollicitent une contribution supplémentaire de deux milliards d’euros au fonds vert, destiné aux collectivités. Dans une récente interview au journal Le Parisien, la Première ministre, Elisabeth Borne, avait promis d’ajouter 5 milliards d’euros supplémentaires à l’augmentation déjà prévue de 2 milliards en 2024, afin de doubler le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la France et tenir les objectifs pour 2030.Mercredi, les députés LFI Gabriel Amard et Jean-François Coulomme ont présenté de leur côté une proposition de loi pour financer de façon “originale” “100% des travaux” de rénovation thermique des bâtiments. Ils réclament un investissement public à hauteur de 1.000 milliards d’euros sur quinze ans, financé par une “garantie hypothécaire”.Le remboursement des frais engagés dans chaque logement aurait lieu lors de la vente du bien, ou au plus tard trente ans après l’achèvement des travaux. Les élus LFI se sont inspirés d’une proposition citoyenne de Françoise Verchère, Maxime Combes et Daniel Ibanez, auditionnés en mars au Sénat.Source : Info Durable